Hervé Couture

mercredi 15 juillet 2009, par fusmr
 

Hervé Couture est né le 27 avril 1925 dans la région de Sherbrooke. Il s’est enrôlé en 1944 et est passé directement dans l’infanterie avec les Fusiliers Mont-Royal. Il débarque en Normandie le 1er septembre 1944 où il est blessé et fait prisonnier 12 jours plus tard, le 12 septembre. Il a été emprisonné dans une prison civile à Dunkerke avant d’être libéré le 18 avril 1945.

Prison civile à Dunkerque

Moi, ben, j’étais jeune dans ce temps là. .. Je voulais rentrer dans les tanks, conduire un tank. Je suis allé à Longueuil quand j’ai été appelé et ils m’ont dit qu’il n’avait plus de place, il a de la place seulement sur les 25 livres, j’ai dit c’est correct. J’ai signé tout de suite, surtout parce que c’était en dehors du pays. Je m’en allais en Europe, pis là ben, bonjour, je n’étais plus au Canada. J’avais fais mon entraînement Petawawa de janvier 1944 à juin 44 et à la fin juin j’ai été transféré à Nova Scotia pour prendre le bateau. Puis avant de prendre le bateau ils avaient choisi 250 hommes pour prendre la garde sur le bateau, comme policier 24 heures par jours et j’en faisait parti. Ce n’étais pas un cadeau, nous étions tout les jours sur la mer flick à flack, flick à flack, (on se faisait brassés beaucoup). Au moment où nous sommes arrivés de l’autre côté en Angleterre à Liverpool j’avais une gomme dans bouche. Ça faisait 15 jours que je l’avais, elle n’était plus bonne et je l’ai jeté (monsieur trouve ça drôle). Nous avons été transféré au camp de Borden en Angleterre au mois de juillet. J’ai été là environ un mois. Et à un moment donné ils nous appellent sur le champ de parade nous étions environ 200 et ils ont divisé ça en deux 100 pour l’infanterie et 100 pour [inaudible] … Moi, ma lettre m’a dit que j’ai tombé dans le groupe de l’infanterie. J’ai été transféré dans le régiment de Hull. Ils m’ont demandé de faire la garde dans un champ d’émunition ce que je n’avais jamais fait. J’ai fait mon devoir quand même. Alors, un soir, au moment que je faisait mon tour de garde il entre un officier dans la hutte, nous étions entrain de jouer au cartes. Il a dit qu’il avait de besoin 75 volontaires pour traverser en France. J’ai levé la main. Alors, j’ai traversé en France le 1er septembre. Où y avait déjà eu le débarquement de Normandie. Nous sommes resté là environ 15 jours, dans des camps, la suite ils nous ont donnés une passe de 24 heures. Je désirais visité Dieppe et je suis allé. Ça faisait seulement 4 ou 5 heures que nous étions là que les MP courraient après nous pour nous aviser que nous devions retournés au camp car nous repartions pour la ligne de feu. Le lendemain nous sommes parti 34000 soldats à pieds avec toutes notre équipement sur le dos pour un village français qui s’appelle [inaudible] J’étais très fatigué, je me suis assis sur le bord d’un ruisseau et je me suis déchaussé pour découvrir que j’avais le pieds ensanglanté, le sang coulait entre mes orteils car nous avions trop marchés. On m’a mit une paire de bas et on a guéri ça et pis bonjour la visite. Le soir nous avons coucher tout prêt des lignes et nous avons monté la garde durant la nuit et le lendemain matin le gars est arrivé avec le déjeuner et en même temps j’ai rencontré un de mes amis de Sherbrooke Monsieur Paul-Émile Duchêne. Je me suis assis avec et pis y m’a dit qu’est-ce-que tu fais ici ? Je lui ai répond ‘la même chose que toi’. Là ils nous ont séparés, lui était dans la compagnie A et moi dans la compagnie B. Là ont s’est séparés pour faire la protection d’un pont. Ont avaient 2 mitrailleuses, 4 gars par mitrailleuse. …. tout les quatre. Il avais un de mes amis qui marchait devant moi. Un moment donné je le vois tombé. Il avait reçu une balle derrière la tête et il est tombé. Il était parterre et il …. Je suis allé avertir mon caporal ce qui venait d’arriver. Il m’a dit d’aller le chercher et de le ramener. Vas-il mourir ? J’ai dit oui il va mourir. Nous l’avons ramener à la petite maison, et vingt minutes après la maison a fait boom et elle c’est enfoncée. La maison avait reçu une grenade et avait explosé. Donc le gars est mort là et nous ont s’ai sauvés. Nous nous sommes sauvés. Eh ! C’est grave hein ! J’ai été blessé. J’avais ma carabine dans les mains et je courais où le chemin étais revenu[inaudible] J’ai reçu une balle dans le bras droit. J’ai échappé ma carabine parterre et j’ai continué. Je n’ai pas arrêté. J’ai sauté une clôture et je me suis caché dans un trou. Un moment donné je me tourne la tête et je vois un allemand qui pointait sa carabine vers moi. Je me suis levé les bras et il m’a amené dans une maison. Dans l’armée il te montre comment soigner une blessure, arranger ta plaie temporairement. Il est arrivé un allemand qui me regardait faire. Ce qui avait de plus curieux, il me parlait en français. Il m’a dit ‘laisse faire et vais te la réparer moi’ et je l’ai laissé faire. Ensuite, j’ai sorti pour aller m’asseoir sur une clôture et puis il avait deux gros colosse de chaque côté de moi. Moi, j’étais tout petit (rires). Ils m’ont apporté à l’hôpital. J’ai été à l’hôpital pour 11 jours. Et après 11 jours ils m’ont transférés à la prison de Dunket [inaudible] Une prison civile. La dedans y avait des français, de anglais, des américains, y en avaient de plusieurs places. Nous dans notre cas, nous étions 6 alliers. Dans la même chambre. J’ai passé 7 mois à la prison. Quand on est arrivé là ils nous ont dit ‘Si tu te sauve…….Bang !…ont te tue. J’ai dit, eh ben ! Coup donc, on se sauveras pas ! Ils nous faisaient travaillés à l’extérieure de la prison. Avec des gardes d’armée, déterrés des morts. C’est toutes des morts qui étaient mort partout. Ils étaient entrain de construire un autre cimetière. -L’interviewer demande si ils étaient des mort allemand où des alliers ?- M. Couture dit ‘n’importe qui’. L’officier allemands demande si il y avait quelqu’un qui était capable de coudre au moulin ? Comme un tailleur. J’ai levée la main car j’avais fait cet sorte de travail 1 1/2 à Sherbrooke avant de rentrer dans l’armée. Après ça je n’ai jamais sorti de la prison, j’ai toujours à l’intérieure. Je fumais dans ce temps là et je n’avais pas de cigarette. Les allemands nous en donnais eu des cigarettes parfois quand on travaillait pour eux autres. J’ai faites 1000 jaquettes pour l’hôpital en plus des pantalons et des uniformes à réparer. Les allemands payaient la traite en cigarettes. Quand j’arrivais dans ma chambre, mes chums étaient là, nous étions six. Je m’allumais une cigarette pour fumer et pis là ils en voulaient toutes. La cigarette faisait le tour, quand elle revenait à mon tour il en restait plus. Parfois, ont trouvaient des bouts de cigarettes parterre, ont la ramassaient et puis ont la fumaient. À un moment donné, je pars …. aussi à mon tour et puis je me lève la tête et je vois deux soldats allemands pendus par le cou. Nous avons demandés au major de la prison pour quelle raison et puis y nous a fait réponse que c’était parce-que ils avaient essayés de se sauvés et ils sont faites pincés et ils ont été condamnés à être pendus. Ils nous a dit d’y pensés nous aussi car la même chose pourraient nous arrivés. Ça resté de même. À un moment donné, une journée il se fait un échange de prisonniers. Des allemands contre les français. Ils nous amenait dans la cour. Ils nous posaient des questions. Il nous ont fouillés pour faire certain que nous avions rien sur nous. Avant d’embarquer dans le camion, ils nous ont bandés les yeux, pour qu’on ne voit rien, pour s’assurer qu’on ne voient pas où nous allions. Une fois que nous étions dans le camion et que les gardes sont disparus, j’ai dit sont fous. On se faisaient des trous puis on regardait où on s’en allaient. Nous nous sommes aperçu qu’ont s’en allaient vers la Belgique. C’est vrai, nous avons pris l’avion en Belgique pour se faire rencontrer en Angleterre. Au moment où nous sommes débarqués de l’avion, ils nous ont nettoyés car nous étions bourrés de pouls et de puces. Pis moi j’étais rendu que je ne pesais que 90 livres. Je pesais 126 livres quand j’étais prisonnier. Ils nous ont amené dans un camp spécial pour les malades et pour les anciens prisonniers. Ils nous nourrissaient souvent. Nous mangions à 6h, 9h, 12h, 15h, 18h 21h pour nous rebâtir notre estomac car nous avions l’estomac revirée à l’envers. Tous ça a durée 15 jours. Nous étions quatre compagnons. Ont voulaient allés à Paris. Visiter la Tour Eiffel, visiter Paris. Il nous ont refusé. Mais là, je suis dit où est-qu’ont va ? Ont va allés en Écosse. Ont a prient le train et puis nous sommes montés à Glascow en Écosse. Je suis canadien français, et puis je n’ai jamais regretté mon voyage en Écosse. J’ai été 15 jours là, et c’était,… parfait, parfait, parfait. J’ai bien aimé ça. Si tu rentrais dans un Pubs pour prendre un verre de bière, et puis si commencé à chanté une chanson à répondre là, et pis y’avait d’autre canadien français avec toi là, bien la bière là, tu la payais plus de bière, tu l’avais gratisse. Au début juin mon terme est terminé et il m’ont retourné au Canada. Et j’ai sorti de l’armée à la fin juillet. Dans le temps des fêtes j’écoute la télévision des fois, et seulement par la musique et par qu’est-ce qui montrent puis ça me fait penser à beaucoup de choses. Puis là bien je suis comme un enfant en paille et je pense encore à ça. Et puis je pense encore à mes chums Celui que j’avais rencontré Paul-Émile Duchêne là, je le rencontre encore une fois de temps en temps rappels, on se renouvelle la mémoire des fois…on pourrait rire….

Camp de prisonniers

Pis eh, on est après manger, notre soupe à l’eau comme de raison, une soupe à l’eau faite avec des, des, des carottes pis des choux d’Bruxelles. C’est, y’avait pas d’gras là-dedans (rire). Quand est v’nu l’temps des fêtes, c’est, c’est ça qui a été l’plus dur pour moi. J’étais jeune, j’avais rien qu’19 ans. J’pensais à mes parents. À un moment donné, j’vois un d’mes chums rentrer avec deux, deux sacs. Pis j’va y parler, j’va vous parler comme j’y ai, j’y ai parlé à lui là, j’y d’mande : « Qu’est-ce que t’as là-dedans » – « Deux chats ! » – « Qu’est-ce qu’on va faire avec ça ? » – « On va les manger ! » – « Hein ! ». Fait que la veille de Noël, sur l’heure du souper, un peu après souper, on les a tués, pis on les a plumés, vidés, on les a accroché à un châssis parce que les vitres ‘taient cassées pis on voulait faire sortir la graisse un p’tit peu. Pis là, là durant la veillée, on les a fait cuire et on a mangé ça comme, comme une poule, avec des choux de ca… des carottes pis des choux d’Bruxelles encore. Fa que, ça passé pis là un moment donné pour finir le plat pis qu’on parte à brailler toute la gang, notre caporal, qui était blessé lui aussi, fouille dans sa poche d’uniforme, y sort une musique à bouche. Y s’met à jouer d’la musique à bouche de, des, musique « des fêtes » les gars partent toute à brailler. Pis même-là, ça continué. Pis un mois après, on a un chien. On avait un p’tit chien, on avait du fun avec ce p’tit chien-là. Un p’tit chien y’était long d’même, bas, court sur pattes. Moi j’appelle ça un chien hot dog. Un moment donné, j’vois dans l’châssis, l’chien était accroché dans l’châssis, vidé, pleumé. Bon ben ! Coudonc, j’ai dit on va manger d’autre chose. On va manger d’la viande encore, on va manger du chien… pis l’chien ben l’chien… ça l’goût du chien !

 

Source : Anciens Combattants Canada

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Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum