Hardy, Edmond (1890-1909)

Hardy, Edmond. Chef de musique, administrateur, importateur et éditeur, professeur (Montréal, 23 novembre 1854 – Montréal-Sud, auj. Longueuil, 18 septembre 1943). Il étudia la musique avec son père, Guillaume, fondateur et directeur. de la Musique ou « Bande » Hardy comme elle était connue à l’époque. À la mort de son père (Montréal, 16 mars 1879), le jeune Edmond lui succéda.
Déjà en 1874, il avait fondé l’Harmonie de Montréal avec une quinzaine de jeunes instrumentistes. En 1878, le nombre de musiciens fut porté à 35 et, en 1880, le groupe absorba l’Harmonie Ville-Marie pour constituer un ensemble de 55 instrumentistes. Hardy allait en assumer la direction jusqu’en 1934 et le rendre célèbre au Canada et aux États-Unis, notamment à la Foreign Exhibition de Boston (1883). Au cours des années, plusieurs régiments utilisèrent ce corps de musique, notamment le 3e bataillon des Carabiniers Victoria, le 85e bataillon d’infanterie, la Garrison Artillery, le Sixth Battalion Fusiliers, le 5th Regiment Royal Highlanders, les Irish Canadian Rangers et le 65e régiment des Carabiniers (plus tard Fusiliers) Mont-Royal. En 1886, Hardy convoqua tous les corps de musique du Québec et c’est ainsi que fut fondée (1887) l’Association des corps de musique de la province de Québec dont il fut le premier prés. (1887-90). Il dirigea de nombreux concerts dans des villes canadiennes et américaines et siégea dans des jurys à Guelph, Ont., et à Montpelier, Vt. Il fut dir. général de l’Opéra français de Montréal (1894-95) et dir. du Cons. de la Société artistique canadienne (1896-1901). Pendant 40 ans (1885-1925), Hardy dirigea un commerce d’importation de musique et d’instruments, seul ou associé à George Violetti (1886). Il publia des œuvres de compositeurs comme Alexis Contant, Guillaume Couture, Arthur Letondal et Achille Fortier. De ce dernier, il fit paraître 20 chansons populaires du Canada (1893). En 1898, il fut élu premier prés. de l’Association protectrice des musiciens de Montréal (auj. Guilde des musiciens du Québec). Hardy fut aussi membre du comité qui organisa (1899) la Musicians’ Benevolent Society, une mutuelle d’entraide. Il fonda et dirigea L’Écho musical, revue mensuelle dont au moins neuf numéros furent publiés (1887-88). En 1904, il fut nommé prof. au Mont-Saint-Louis et directeur de son corps de musique qu’il allait diriger durant 30 ans. Le nombre de manifestations musicales auxquelles le nom d’Edmond Hardy reste attaché est considérable. Signalons les deux concerts

(1903) consacrés aux œuvres de Contant, concerts qu’il dirigea au Monument national et qui comprenaient la première audition de la Messe no 3 pour chœur et orchestre. Contemporain de Calixa Lavallée, c’est lui qui dirigea les corps de musique réunis le 13 juillet 1933 lors de la translation des restes de Lavallée de Boston à Montréal. En 1911, Hardy fut nommé officier d’Académie par le gouvernement français. Il fut maire de la municipalité de Montréal-Sud pendant huit ans. À sa mort à 88 ans, il était considéré comme le doyen des chefs de musique d’Amérique. En 1978, Montréal donna son nom à une place, située dans le quartier Rivière-des-Prairies.

Son frère Alphonse (Montréal, v. 1865 – 30 décembre 1938) était clarinettiste et avait joué à l’Académie de musique avant de se fixer à Québec comme chef de musique et chef d’orchestre.
Arthur Laurendeau était le gendre d’Edmond Hardy et le clarinettiste et ondiste Jean Laurendeau est son arrière-petit-fils.

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum