Lieutenant-colonel François-Samuel Mackay, VD

Commandant (1902-1907)

Bien que descendant d’Écossais, le lieutenant-colonel François-Samuel Mackay s’est toujours considéré comme un Canadien français. Né à Papineauville, le 1er février 1865, il est le fils du notaire Samuel Mackay et d’Aurélie Papineau. Sa mère était apparentée à la célèbre famille des Papineau et était la petite-fille de Denis-Benjamin Papineau, co-premier ministre de ce qui était alors la province du Canada, de 1846 à 1848.
Le lieutenant-colonel François-Samuel Mackay descend en droite ligne de Sir Donald Mackay, le premier Lord Reay d’Écosse, qui leva un corps de 3 000 Écossais pour combattre aux côtés du roi Gustave-Adolphe II de Suède durant la guerre de Trente ans (1618-1648). 
Le père de son arrière-grand-père, François Mackay, fut un soldat de fortune au service de la reine Marie-Thérèse d’Autriche durant la guerre autrichienne de succession (1740-1748).
L’arrière grand-père de François-Samuel Mackay, Samuel Mackay, servait comme lieutenant du 60th Royal American Regiment sous les ordres du major général Jeffrey Amherst quand Montréal tomba aux mains des Britanniques en 1760. Faisant partie des troupes britannique d’occupation, il a la distinction d’être un officier britannique à avoir épousé une Canadienne (française) après la conquête. C’est suite à ce mariage que ses descendants prirent la langue de son épouse et sont considérés francophones.
Continuant sa carrière militaire, son arrière-grand-père combattit avec les Britanniques durant la guerre de l’Indépendance américaine. Il fut fait prisonnier, il s’évada, il continua à servir jusqu’à ce qu’il soit promu major. Il prit sa retraite et entama ensuite une carrière de juriste. Il est mort à Montréal en 1779,
Son fils, Stephen Mackay, grand-père du lieutenant-colonel François-Samuel Mackay, était capitaine dans la milice canadienne, et participa à la victoire de Châteauguay sous les ordres du colonel de Salaberry et termina sa carrière de milicien avec le grade de lieutenant-colonel.
Quant au père du lieutenant-colonel François-Samuel Mackay, qui lui aussi s’appelait François-Samuel Mackay, il servit également dans la milice, en tant que capitaine-adjudant tout en exerçant sa profession de notaire.
Le lieutenant-colonel François-Samuel Mackay eut une belle carrière professionnelle. Il fait ses études en Droit à Montréal. En mars 1884, il s’enrôle comme simple soldat au 65e régiment au sein de la compagnie no 6, commandée alors par le capitaine Joseph Giroux . Promu caporal la même année, il devient sergent en mars 1885 avant le départ du 65e pour la campagne du Nord-Ouest où venait d’éclater la révolte des Métis de Louis Riel.
Une fois rendu dans l’Ouest canadien, il fut promu sous-lieutenant à Calgary. Revenu au Québec, il fut promu lieutenant en 1887, capitaine en 1889, capitaine-adjudant en 1896, major en 1897, major de brigade en 1902, commandant du régiment de 1902 à 1907.

Tireur émérite, il a fait partie de l’équipe canadienne de tir au tournoi de Bisley (en Grande-Bretagne) au début des années 1900 et, avec le capitaine B. Thibodeau, il fait partie des fondateurs de la Quebec Rifle Association et de la Canadian Rifle Association et le Montreal Amalgamated Rifle Association.
Fait à signaler, au début de son commandement : « Le régiment porte depuis longtemps sur ses uniformes et dans ses publications officielles le titre de Carabiniers Mont-Royal. On le trouve également dans la version française de la Gazette officielle. On s’avise, peu après l’entrée en fonction du lieutenant-colonel Mackay, que l’usage de la forme française est irrégulier, la promulgation originale de ce nom ayant été faite dans la forme anglaise : Mount-Royal Rifles. Le colonel Mackay s’occupe aussitôt de l’affaire et , le 1er août 1902, on peut lire dans les ordres généraux : « O.G.85- 65e régiment -Mount-Royal Rifles. La désignation du 65e régiment d’infanterie Mount-Royal Rifles est changée en 65e régiment Carabiniers Mont-Royal ».(cité dans Cent ans d’histoire d’un Régiment canadien-français p.47)
En plus de son illustre passé militaire, la famille du lieutenant-colonel François-Samuel Mackay est l’une des familles québécoises les plus respectées dans le domaine du notariat. Son grand-père paternel, son père, deux de ses frères, un cousin, ainsi que son arrière-grand-père maternel, Joseph Papineau et deux de ses oncles Papineau ont fait partie d’une grande tradition notariale et militaire. À noter que le Conseil (maintenant l’Ordre) des notaires du Québec fut fondé par son arrière-grand-père, Joseph Papineau.
Le lieutenant-colonel François-Samuel Mackay est décédé le 18 décembre 1946 à l’âge de 81 ans. Il est inhumé au Cimetière de la Côte-des-Neiges.

Maj (R) Jacques Guilbault (padre de la famille régimentaire)

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum