Brigadier général Arthur Mignault

mercredi 13 mai 2009

L’histoire militaire canadienne se souvient surtout du Dr Arthur Mignault comme fondateur de l’actuel Royal 22e Régiment. Il en va tout autrement pour les ménagères du début du 20e siècle qui connaissent le Dr Mignault surtout comme le magnat de l’industrie pharmaceutique québécoise qui fabrique les fameuses pilules rouges pour les femmes souffrant d’anémie. Ces pilules sont très populaires et elles sont annoncées à pleines pages de publicité dans les journaux à cette époque.

C’est en 1888, qu’Arthur Mignault est reçu médecin. Il ira d’abord pratiquer la médecine aux États-Unis avant de revenir au pays en 1896. C’est alors qu’il fera fortune dans l’industrie pharmaceutique.

En 1909, il débute sa carrière militaire en tant que, comme on le dit à l’époque, lieutenant-chirurgien des Carabiniers Mont-Royal, l’ancêtre des Fusiliers Mont-Royal d’aujourd’hui.

En 1914, il devient vite célèbre en versant 50,000 $ de sa fortune personnelle, somme considérable à l’époque, pour former un bataillon d’infanterie formé uniquement de canadiens-français. Son offre est accepté par Ottawa et il démontre un talent de recruteur extraordinaire en réussissant à remplir les cadres du 22e Bataillon (canadien-français) en moins d’un mois.

Quelques temps après, il mettra sur pied un deuxième bataillon canadien-français, le 41e Bataillon d’infanterie, toujours avec sa fortune personnelle. Puis, il financera l’établissement de l’Hôpital stationnaire canadien no. 4 (canadien-français) et en deviendra, sur le sol de France, le premier commandant. Une fois l’arrivée d’un deuxième hôpital canadien-français sur le sol de France, le Dr Mignault se fera nommer superviseur des deux hôpitaux canadiens-français en France avec le titre de Superior Medical Officer et avec le grade de colonel.

Rappelé au pays, on le nommera pour un temps, responsable du recrutement pour les Canadiens français, tandis que le gouvernement français le fera chevalier de la Légion d’honneur.
Sportif émérite, amateur et propriétaire de chevaux, le Dr Mignault sera en 1901, l’un des fondateurs du premier club canadien-français de polo. Il sera également membre du Montreal Hunt Club, du Black River Polo Club, du Montreal Jockey Club et du club de tir Laurentian and Winchester Club.

Démobilisé en septembre 1918, il continuera, même après la guerre à faire la promotion du service militaire auprès des jeunes médecins canadiens-français.

C’est en mars 1937, peu de temps avant sa mort, que l’on reconnaîtra les services rendus au pays durant la Première Guerre mondiale, en le faisant brigadier général honoraire. Il aura été le premier Canadien français à être promu à ce poste au sein du Corps médical de l’armée canadienne.

Michel Litalien, CD, MA

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum