Sergent-major Lucien Robitaille

Lucien Robitaille s’engagea dans les Carabiniers Mont-Royal en 1916, afin, espérait-il, de servir outremer durant la Première Guerre mondiale.
 
 Comme il était trop jeune pour partir outremer, son père s’y opposa, mais quelques mois plus tard, ayant réussi à le convaincre, Robitaille se retrouva en Angleterre avec le 258e Bataillon. Versé ensuite au 22e Bataillon canadien-français pour compléter son entraînement, on le jugea encore trop jeune pour être envoyé immédiatement au frond et on l’affecta plutôt au Young Soldiers Bataillon, en attendant d’avoir l’âge légal pour aller se battre.
 
 Robitaille ne devait toutefois jamais gagner les tranchées et fut plutôt nommé instructeur d’éducation physique au camp de Branshott, en Angleterre, avant d’être affecté au pays, en 1919. On l’affecta alors à un endroit alors connu sous le nom de la Baraque, où se trouvent actuellement les Cours Mont-Royal, où il enseigna également l’éducation pysique.
 
 Démobilisé en 1919, Robitaille, toujours simple soldat, se joignit aux Carabiniers Mont-Royal comme réserviste où ses connaissances techniques du métier des armes et de l’art de la guerre, ses qualités d’instructeur et de leader, attisées par un amour remarquable pour son régiment, le désignèrent à des responsabilités plus grandes. C’est ainsi qu’on le vit gravir graduellement les échelons et dès 1930, il était nommé sergent major régimentaire des Fusiliers Mont-Royal.
 
 C’est à lui que l’on droit la réorganisation des cadres des sous-officiers et c’est sous sa gouverne comme sergent-major régimentaire que le mess des sergents connut des années d’entrain et de gaité comme jamais auparavant ou par après.
 Puis, en 1938, il passa au 2e bataillon du Régiment de Maisonneuve, avant d’être désigné comme sergent-major régimentaire de la 11e brigade, qui comprenait alors, outre les Fusiliers Mont-Royal et le Maisonneuve, le Régiment de Châteauguay et le Régiment de Joliette.
 
 On l’envoya au camp de Saint-Jérôme en septembre 1940, pour y mettre sur pied l’organisation modèle qui donna à ce camp sa grande renommée lorsqu’il fut désigné pour recevoir les premiers mobilisés.
 
 En 1941, Lucien Robitaille fut promu sous-lieutenant et envoyé à Brockville où il se lia d’amitié avec les Dextraze, Gamache, Brochu, White, Lacasse, Gosselin et compagnie avant de recevoir son brevet d’officier des mains du major général Georges Vanier en 1942.
 
 Dès décembre 1942, il fut promu capitaine. Mais au lieu de prendre le chemin des champs de bataille, on l’envoya au War Office à Londres où on l’affecta à la section d’intelligence. Il y demeura jusqu’en mars 1945, alors qu’on le renvoya au Canada avec le grade de major pour commander un détachement de 1 100 hommes à Hamliton avant d’être lui-même démobilisé à l’été de 1946.
 
 Mais Robitaille ne quitta jamais complètement son régiment, car il y servit ensuite comme officier d’administration, quartier-maître, etc., avant de participer ensuite à l’organisation de l’Association des Fusiliers Mont-Royal, dont il fut l’âme dirigeante à sa fondation, de s’occuper des anciens combattants et de plusieurs autres activités.

Pierre Vennat
Historien régimentaire
11 décembre 2009

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum