Sergent-major Xavier-Georges A. Gravel

Après le raid de Dieppe et le rapatriement du sergent-major Rosario Lévesque, le sergent-major de compagnie Paul-Émile Rouleau fut nommé à l’automne 1942 sergent-major régimentaire du bataillon en reconstruction en Angleterre. En 1943, il fut remplacé par Xavier-Georges Gravel comme sergent=major régimentaire du bataillon.

Pour ceux qui l’ont connu, Gravel était l’incorruptible gardien, aux F.M.R., de l’honneur et du prestige de ceux-ci, des us et coutumes de l’armée, bref de cette tenue qui faisait dire au civil ou à l’officier rencontré que le soldat appartenait à une famille de gens bien et non à un ramassis de vauriens.
 
Gravel, alors âgé de 40 ans, était un sous-officier de carrière, qui nous venait du Royal 22e Régiment. Il était correct, compétent et un exemple vivant des vertus qu’il s’efforçait d’inculquer aux autres. Rien n’échappait à son aigle d’aigle. Le pli d’un pantalon au-dessus de la guêtre qui bouffait trop ou trop peu, trop haut ou trop bas, une boucle rebelle qui dépassait le bord du calot, quelques grains de poussière, invisibles à l’œil d’un humain normal, le sergent-major voyait à ce que le soldat le plus négligent ou le plus maladroit brille comme un sou neuf. Les jeunes officiers eux-mêmes n’échappaient pas à la censure du vieux routier.
 
Gravel devint vite une légende. Les soldats, qui en eurent d’abord une peur bleue, finirent par le comprendre et l’aimer ! L’homme d’ailleurs, pratiquait ce qu’il prêchait. En rase campagne, on l’a souvent vu frotter ses chaussures même s’il devait, un instant plus tard, les plonger dans la boue.

En toutes circonstances, il était impeccable, correct, irréductible et superbement militaire. Tous ceux qui l’ont connu ne l’oublieront jamais.
 
Les précieux services de Gravel lui valurent d’être intronisé Membre de l’Ordre de l’Empire britannique (M.B.E.)
 
Deux autres sergents-majors de la même époque, les sergents-majors René Dagenais (1942-1943) et Maurice Nantel furent également décorés. Le premier fut intronisé Membre de l’Ordre de l’Empire britannique (M.B.E.) tandis que Nantel s’est mérité la Médaille militaire (M.M.)

Pierre Vennat
Historien régimentaire
11 décembre 2009

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum