sergent-major Marcel Gringas

Lorsque Marcel Gingras fut pressenti pour occuper le prestigieux poste de sergent-major régimentaire des Fusiliers Mont-Royal, il succédait à deux hommes qui avaient fait leur marque au régiment.
 
 Particulièrement le sergent-major Antonio Catelli, qui occupa cette importante fonction au régiment de 1941 à 1948 et qui était considéré comme une institution au régiment, avant de céder son poste au sergent-major Émile Rocray. Bien que retraité, Catelli continua de fréquenter le régiment régulièrement jusqu’à la veille de son décès, en 1982, à l’âge de 76 ans.
 
 Pour sa part, quand Marcel Gingras succéda à Rocray, en 1950, il était déjà un vétéran pour le régiment, s’étant joint au régiment comme simple soldat, vingt ans plus tôt.
 
 Gingras, qui occupa le poste de sergent-major de 1950 à 1956, est l’un des rares membres des Fusiliers Mont-Royal, sinon le seul, à avoir débarqué sur le sol normand le 6 juin 1944, soit le Jour J même. Il faut dire que qu’à ce moment-là, Gingras faisait partie du Régiment de la Chaudière et qu’il a connu une carrière régimentaire mouvementée, passant allègrement d’un régiment à l’autre, selon les besoins.
 
 Gingras s’était joint aux Fusiliers Mont-Royal en 1930, à l’âge de 16 ans, comme simple soldat. Mais dès 1933, il passait au Régiment de Maisonneuve. Dès le 1er septembre 1939, il s’enrôlait dans l’active et gagna l’Angleterre en septembre 1940 avec son régiment. En mai 1943, on le rapatria au Canada en tant qu’instructeur à l’école d’officiers du camp de Valcartier. Mais vu l’imminence du débarquement en Normandie, on le renvoya en Angleterre dès février 1944, et on le versa au Régiment de la Chaudière avec lequel il participa au Jour J et à la campagne de Normandie. Promu sergent-major de compagnie, en août 1944, on le propulsa sergent-major régimentaire quelques jours plus tard, poste qu’il occupera jusqu’en février 1945.
 
 Une fois revenu au pays, Gingras, qui s’était mérité la Médaille d’Efficacité (E.M.), avec agrafe et la Croix de Guerre belge avec agrafe pour ses exploits lors de la libération de la Belgique, alors qu’il servait avec le Régiment de la Chaudière, ainsi qu’un certificat d’appréciation signé de la main du maréchal Bernand Laird Montgomery lui-même, fut d’abord réassigné au Régiment de Maisonneuve, d’où on le transféra peu après aux Fusiliers Mont-Royal en tant que sergent-major régimentaire.

Pierre Vennat
Historien régimentaire
11 décembre 2009

Les fusiliers Mont-Royal Nunquam Retrorsum